Fraternelle mélancolie

« Je reconnais [dans vos livres] un amour et un questionnement de la littérature, qui cherchent à saisir l’éclair, la secousse qui donnent naissance à un livre. Même si cet instant initial est insaisissable, on peut le repérer comme vous le faites grâce à ses ondes de choc, ce qui est autre chose que les causes et les conséquences.

J’ai été convaincu par votre Avant Godot, qui va plus loin que la vérité biographique, et plus encore par Fraternelle mélancolie. Il faut dire que moi aussi, j’ai été fasciné par l’amitié Hawthorne/Melville, et tout ce qu’elle charrie, jusqu’à la mystérieuse rupture. Vous mettez fort bien en lumière ce qu’il y a de charnel et de non dit dans cette histoire passionnée, voire passionnelle. Vous le faites sans rien occulter, mais sans rien de sensationnel, et c’était sans doute le plus difficile. En tout cas, on vous suit de bout en bout sans ralentir la lecture. »

(Gérard Macé)

« Ce livre relève d’un genre assez rare: ni enquête journalistique, ni étude littéraire, ni fiction. Il se situe à la marge de ces trois approches… Stéphane Lambert s’inscrit dans la tradition prestigieuse de sa compatriote Marguerite Yourcenar et de ses biographies entre essai et récit en rêve… C’est l’imbrication entre les faits historiques ou avérés et les résonances affectives de cette complicité difficultueuse dans la vie de l’auteur qui rend ce livre profondément attachant. On voit que l’admiration, loin d’aveugler (comme un réflexe facile nous y invite) est un formidable tremplin pour la connaissance de l’autre… »

(Patrick Corneau, blog Le lorgnon mélancolique)

« Stéphane Lambert a choisi, dans ses écrits et en particulier dans ses essais sur l’art ou l’écriture, d’appliquer une méthode personnelle qui consiste à s’écarter à la fois de la fiction biographique ou de la biographie romancée et privilégie l’interprétation inspirée des données objectives disponibles. D’où résulte un texte qui convainc par sa rigueur, démontre une qualité authentiquement critique et charme par l’élégance de sa formule inventive… Il est des coups de foudre en amitié, nous assure Stéphane Lambert. Il y a sans doute de coups de foudre en écriture. Et ils se prolongent. »

(Jeannine Paque, Le Carnet et les Instants)

« Ce n’est pas la première fois qu’ajoutant l’audace à l’originalité, Stéphane Lambert questionne des artistes sur leur travail, leur relation au monde ou à Dieu, en fonction de questions que lui-même se pose… Il me semble qu’il est allé plus loin en interrogeant l’amitié de deux écrivains américains… qu’est-ce qui peut empêcher un écrivain d’aujourd’hui à réverbérer ses états d’âme dans ceux d’un écrivain d’hier ? N’est-ce pas ça, la littérature ? »

(Jacques Franck, La Libre Belgique)

“Stéphane Lambert a déjà consacré des portraits en partie romanesque, en tout cas mis en scène, à Rothko, Nicolas de Staël, Claude Monet, Samuel Beckett… C’étaient des pages de la vie de ces artistes et écrivains, des sortes de fenêtres qu’il ouvrait sur leur existence et leur création entières tout en se tenant à ce qu’ils avaient de plus intime et en tentant de suivre à la fois les sinuosités de leur psychologie et les coups de théâtre du destin. Il saisit, ici, deux vies que tout aurait dû opposer, celles de deux génies américains de l’imaginaire et de la passion, de l’aventure et de la littérature symbolique : Herman Melville et Nathaniel Hawthorne… Stéphane Lambert essaie de comprendre l’amitié qui les a réunis, avec ce qu’elle pouvait comporter d’ambiguïté sexuelle… Cet épisode de la vie des deux écrivains a souvent été commenté évidemment par leurs biographes… Mais le récit de Stéphane Lambert, en reliant souvent son intérêt intellectuel et ses réflexions sur la création littéraire à des épisodes de sa vie intime, donne à cette étude très personnelle une tonalité émouvante, jamais didactique, laissant une part importante aux questions restées en suspens, comme il se doit dans toute interrogation sur la sexualité d’un écrivain et sur l’impact qu’elle peut avoir sur son oeuvre.”

(René de Ceccatty, Les Lettres françaises)

« Sans gommer « l’ambivalence » d’une relation où, « à l’attirance intellectuelle se mêlait un attrait physique indéniable », l’auteur de Fraternelle mélancolie met plutôt l’accent sur la « fêlure secrète », « le fond sombre » et le sentiment d’essentielle « solitude » qu’ils ont en commun. Selon son habitude, Stéphane Lambert va donc au cœur des choses… L’écriture, pour lui, ne saurait être qu’ « exploration de l’être », « questionnement obsédant », « quête d’absolu », et ces formules qu’il prête à Melville caractériseraient aussi bien son propre projet littéraire : atteindre la région obscure où le destin personnel rejoint l’humaine condition. »

(Pierre Ahnne, Le nouveau blog littéraire de Pierre Ahnne)

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