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Triptyque du Jugement du monde

— Hieronymus Bosch (1450-1516)

(détail du panneau central)

Puis, dans l’adolescence, tous ces morts m’ont massacré, ont massacré ce que j’aurais pu être. La mort a tué ma vie, je n’ai plus rien compris. Je n’ai plus rien pu comprendre. Pour me sauver je me dis, je me force à croire que mourir n’est rien, l’idée me plaît et je n’y crois pas vraiment, parfois c’est immense, le vertige en y pensant, c’est immense et terrible, je sens que ça arrive, lentement, mais ça arrive, et c’est comme un gouffre dans mon ventre, c’est comme un trou noir dans lequel je flotterais, et c’est Bosch, le plus ignoble de Bosch, c’est Bosch pour de vrai, quand j’y pense, tout a disparu, les couleurs, les sourires, la vie.
(extrait de Mes morts, Le Grand Miroir, 2007)