Vincent Van Gogh, l’éternel sous l’éphémère

Lorsqu’on observe vos œuvres aujourd’hui dans les confortables salles des musées, il est difficile d’imaginer dans quelle monumentale tension elles ont vu le jour. De l’onde de choc qui a soufflé votre vie, il ne subsiste qu’un radieux dépôt semblable à des fragments de nacre ramenés par les flots. Les œuvres sont des « planches jetées sur l’abîme ». Seule leur mutique beauté parvient jusqu’à nous ; la détresse dont elles sont les enfants reste de l’autre côté de la paroi du temps avec son cri devenu sourd.