L’homme de marbre

Rien ne lui avait jamais fait cet effet-là. Rien, ni personne. De la première image en couleur de Paul Newman, de son corps légèrement enveloppé et de son visage boudeur qu’illuminaient des yeux bleus magnétiques, ou des multiples représentations de Saint Sébastien qu’il avait vues à travers le monde, de la fragile grâce du martyr peint par Le Pérugin à la mollesse voluptueuse que lui avait prêtée l’imagination d’un anonyme, jamais il n’avait ressenti un tel désir. Les aventures s’étaient enchaînées dans sa vie, au milieu de mille voyages. Les êtres que ses doigts avaient survolés avaient disparu sous ses caresses, il n’en restait qu’un sentiment diffus de plaisir, l’idée d’un seul corps multiplié à l’infini. Il y avait là devant lui quelque chose d’aussi troublant que ses fantasmes les plus secrets.

Extraits de presse.

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