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Françoise Hardy (1)

Personnage mythique sorti des « sixties », Françoise Hardy promène sa discrète silhouette le long de la route de la variété française depuis quarante ans. Mais le métier de chanteuse ne l’occupe qu’à mi-temps. Et dans son autre vie, quittant son statut de star, elle observe les astres. Dans son livre Les rythmes du zodiaque (Le Cherche-Midi Editeur), elle décline tous les signes du zodiaque et éclaire nos lanternes sur nos vies.

« Je privilégie le monde intérieur. »

Stéphane Lambert. Il y a une dizaine d’années vous avez déclaré que les informations données par l’astrologie étaient « extrêmement limitées et aléatoires… pour comprendre une personnalité ». Pourquoi cette crise face à l’astrologie ?

Françoise Hardy . Je n’ai jamais cessé de m’intéresser à l’astrologie et de travailler comme astrologue. Il est tout à fait juste que je pense que les limitations de l’approche astrologique étaient telles qu’il était bon de les compléter avec une autre approche. C’est pourquoi je suis allée pendant une dizaine d’années à des cours de graphologie. Mais après avoir réussi le premier examen de la Société Française de Graphologie, j’aurais dû tout lâcher pour acquérir une licence de psychologie et être en mesure de passer le deuxième et dernier examen. Autrement dit, il aurait fallu que je consacre tout mon temps à cette autre science humaine, par ailleurs aussi passionnante que difficile, mais ma situation ne me le permettait pas.

S.L. Est-ce qu’on peut dire à propos de l’astrologie qu’il s’agit d’une science qui étudie le rapport de l’homme à l’univers ? Est-ce une manière de se définir dans l’élément le plus large ?

F.H. Cette définition ne me convient pas. L’astrologie est une science humaine qui donne des informations sur le conditionnement particulier que constitue la situation du système solaire à l’heure de la naissance. L’empreinte des rythmes zodiacaux que semble garder le système nerveux se traduit en termes de réflexes privilégiés. Par exemple, le printanier est porté à être un excitable vif, l’estival un excitable lent, l’automnal un inhibé vif et l’hivernal un inhibé lent.

S.L. La liste des personnalités sur laquelle vous avez travaillée pour votre livre est très éclectique, on passe d’une chanteuse à un philosophe, d’un comédien à un écrivain, d’un politique à un peintre. Cela signifie-t-il que vous posez un regard d’astrologue sur tout ce que vous vivez ? Que c’est la fenêtre par laquelle vous observez les gens ?

F.H. L’astrologie est une grille de lecture. Quand on en connaît les bases théoriques, on a envie à la fois de les vérifier et de les approfondir. Les interviews, biographies ou œuvres de personnalités dont on connaît sinon le ciel de naissance, du moins les signes occupés à la naissance le permettent. Je trouve toujours jubilatoire de retrouver les mêmes expressions, idées, tendances chez des personnalités diverses très marquées par le même signe. Cela dit, la fenêtre astrologique est une fenêtre parmi d’autres, elle ne se suffit pas à elle-même.

S.L. À propos de cet éclectisme dont je viens de parler, d’où vous vient-il ? Depuis toujours vous êtes une chanteuse atypique, hors catégorie.

F.H. Je ne suis pas si éclectique que ça. Si j’applique la grille de lecture astrologique plus que d’autres, c’est parce que c’est celle que j’ai à ma disposition et qu’une vie ne suffit pas à en faire le tour. En musique, j’ai tendance à rechercher toujours la même qualité de vibration chez des artistes différents. Les amis avec qui je travaille me le reprochent d’ailleurs souvent.

S.L. Comment situeriez-vous l’astrologie par rapport à la psychologie ?

F.H. La psychologie amène à analyser le conditionnement affectif et familial, pour comprendre comment il a pu amener certains automatismes, certains troubles névrotiques. L’astrologie donne des informations sur des rythmes et des sensibilisations sans informer sur nos autres conditionnements. Elle peut être un complément utile à la psychologie.

S.L. N’y a-t-il pas toujours eu en vous un conflit entre le monde intérieur et la vie extérieure ? Une peur qui vous invite, plus qu’un autre, à saisir l’univers qui nous entoure ?

F.H. Étant plus intro- qu’extravertie, je privilégie le monde intérieur. L’introverti est par définition porté à l’introspection. Il s’intéresse souvent aux mécanismes qui sous-tendent les comportements.

S.L. Pouvez-vous me dévoiler quelques traits importants de votre thème astral ?

F.H. Très schématiquement : par le Capricorne, mon signe solaire, tendance à être déconnectée de l’extérieur, sensibilisation à l’absolu. Par la Balance, mon signe lunaire, sensibilisation à la complémentarité des contraires. Par la Vierge, mon signe ascendant, autoprotection cérébralisée. Mes dominantes planétaires modulent ces trois séries de tendances, mais ce serait trop long d’en parler.

Parution :
Stéphane Lambert, 2003